L'intervention d'Aloïs Lang-Rousseau, président du MHAN, aux journées de Cap21/MdP/EA!

L'intervention d'Aloïs Lang-Rousseau, président du MHAN, aux journées de Cap21/MdP/EA!

Publié le samedi 8 octobre 2022

 

 

Dans le cadre des journées de rencontres initiées par Cap21, le Mouvement des Progressistes et L'Écologie Autrement, s'étant déroulées les 8 et 9 octobre derniers, le MHAN, représenté par son président Aloïs Lang-Rousseau, est intervenu par la voie d'un message vidéo. Les protagonistes s'exprimaient sur les piliers sur lesquels refonder l'écologie politique.

"Bonjour à tous, bonjour à toutes ! J'espère que vous allez bien, malgré les contextes que nous connaissons, et tout particulièrement à ceux qui étaient présents hier, j'espère que vous avez passé une excellente journée de tables rondes et de débats, dont l'objectif est clairement assumé : refonder l'écologie politique.

Je passerai le contexte électoral, sinon pour dire que 2022 est une année ouverte pour le combat qui nous anime, et la prochaine page, le prochain chapitre de l'écologie politique, dépend tout particulièrement de nous.

Le premier objectif que je donnerais à une refondation de l'écologie politique serait de penser l'écologie pour ce qu'elle est réellement, et non en fonction des alliances que l'on chercherait à nouer. Avec le MHAN, que j'ai l'honneur de présider, nous avons toujours estimé que l'écologie était une réponse pragmatique au progrès. Qui accepterait le progrès lorsque celui-ci solutionnerait les maux de notre planète, et qui refuserait le progrès lorsqu'il en serait lui-même la cause.

Cette notion de réponse pragmatique au progrès, on la retrouve chez l'ensemble des sympathisants de l'écologie en France. Ceux venus de la gauche peuvent, par exemple, estimer qu'il est inacceptable de cautionner le progrès technologique s'il engendre la souffrance animale. Et ceux venus de la droite s'érigent en adversaire du productivisme, que la droite n'a jamais réellement combattu dans son ensemble. Pour rassembler l'ensemble de ces sensibilités, qui sont toutes des sensbilités écologistes, il est résolument question de parler d'écologie d'abord, et de travailler avec les autres ensuite, dans le respect de ce corpus politique.

En conséquence de cela, il est important et nécessaire de stopper certaines choses. Nous devons arrêter de placer un adjectif après le mot écologie. Pourquoi le faisons-nous depuis des années, offrant ainsi à EELV le blason de la pureté ? Nous en constatons aujourd'hui les conséquences sur le traitement médiatique de l'écologie, très favorable dans un contexte sociétal, mais catastrophique lorsqu'il s'agit de poser des solutions et de parler de politique.

Ecologie pragmatique ou réaliste ? Ce serait assumer que nous ne serions pas (assez) écologistes. Écologie centriste ? Ce serait refuser de s'adresser aux écologistes venus de la gauche ou de la droite. Il est vraiment question de parler d'écologie avant tout, et c'est l'écologie elle-même qui nous donnera les autres axes sur lesquels la refonder.

C'est vrai ! Le propre de l'écologie, c'est d'avoir toujours préféré la science, l'écoute des alertes des scientifiques, aux discours sur les idéologies économiques et sociétales. C'est le fait d'avoir privilégié la science dans le but de protéger le Vivant, de protéger la Planète, ou, dans les situations les moins bonnes, de guérir les problèmes.

Le propre de l'écologie, c'est aussi d'avoir questionné le rôle et la place de l'espèce humaine, sur une planète qu'elle a cru acquise à sa cause. Ce sujet en cache en réalité plein d'autres, à commencer par la place que nous prenons avec l'artificialisation des sols, la consommation des ressources que cette planète nous apporte, le nombre d'habitants que nous sommes, et enfin, la place que nous laissons aux animaux dans un monde que nous avons façonné à notre image.

Le dernier point que je souhaite soulever aujourd'hui, vous l'avez sans doute devnié à travers certains de mes propos, c'est le fait que la seule condition de réussir est de travailler ensemble. Si l'on commence à distinguer les Français d'un côté et les étrangers de l'autre, les riches d'un côté et les pauvres de l'autre, ou si l'on commence à créer encore d'autres catégories qui vont diviser la population durablement, nous serons incapables de nous occuper de l'humanité toute entière, et encore moins du Vivant dans son ensemble, et de la planète. Vous l'aurez compris, la seule condition de notre réussite, c'est le dialogue.

Et le dialogue, en tant que responsables écologistes, nous devons l'appliquer à nous-mêmes. Demain, si lors des prochaines élections, plusieurs candidatures écologistes s'affrontent, de quoi aurons-nous l'air au regard de l'importance de l'enjeu ? Au MHAN, nous avons pris le sujet à coeur dès les élections législatives. Avec cinq autres partis politiques, dont L'Écologie Autrement qui est présente en chair et en os devant vous, nous avons créé l'alliance Tous Unis pour le Vivant, qui a présenté à travers la France 187 candidatures rassemblées, libres, pour le Climat et le Vivant. Si un seul de ces partis s'était exprimé pour tous les autres, nous n'aurions pas abouti à 182 000 suffrages et le fait d'être la première coalition écologiste de France. La seule manière de réussir, c'est le collectif.

Je pourrais aborder d'autres sujets, mais je sais que les autres intervenants le feront brillamment à ma place. Alors, je concluerai en résumant le fond de ma pensée : nous ne refonderons l'écologie qu'en partant de ce qu'elle est réellement, en arrêtant de nous définir par rapport aux autres, et en permettant le pluralisme nécessaire au rassemblement de l'Humanité toute entière. Je vous remercie, et j'espère que vous passerez une excellente journée."

Aloïs Lang-Rousseau
Président du MHAN

 


 

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